31 août 2009
J'ai lu La route
La route
Cormac McCarthy
(Editions de l'Olivier) - 2008
Après une apocalypse qui n’a laissé que des cendres derrière elle, des hommes cherchent à survivre sur la terre où tout n’est que mort et désolation. Un père et son jeune fils partent vers le sud, ils avancent, dans le froid et la pluie, sans relâche, évitant les hordes sauvages, fouillant les restes de l’ancien monde afin de trouver de la nourriture. Pourquoi ? Pour quel avenir ?...
« La Route » est la belle et bouleversante histoire d’un père qui accompagne et protège son enfant, lui raconte des histoires du passé, le soigne, lui enseigne le courage malgré la destruction totale et le règne du cannibalisme sur cette terre brûlée, sans vie… le récit, servi par une écriture fine, est poignant, à la limite de la tristesse. Néanmoins, c’est plutôt le suspense qui domine de bout en bout car si la question du « pourquoi continuer la lutte pour la survie ? » est là, il y a aussi : que va-t-il se passer jour après jour ? Espoir ? Mort ?... Saisissant.
04 août 2009
J'ai lu Animal'z
Enki Bilal
(Casterman)
C'est l'été, les vacances etc... Je me remets donc aux BD ou plus exactement, j'en lis une qui me faisait de l'oeil patiemment...
Un dérèglement climatique, "le coup de sang", a dévasté la terre, tout est en vrac et les quelques hommes qui survivent également. Il fallait passer par certaines expériences pour s'adapter à cette catastrophe et le groupe disparate du récit en est le résultat. On cherche de l'eau douce, on rencontre des êtres dégénérés, on est au plus près du règne animal.
Autant le dire tout de go, cet album a mes suffrages : beau, avec ses grandes vignettes au crayon ou pastel, les dialogues sont subtils et teintés d'humour (noir la plupart du temps), tout y est inquiétant (et je suis gentille, mais je ne veux pas vous faire peur) et les personnages sont vivants et tous passionnants. Je ne regrette pas de m'être replongée dans l'univers sombre de Bilal après l'avoir laissé de côté pendant de nombreuses années !
10 juin 2009
J'ai lu Seul dans le noir
Paul Auster
(Actes Sud)
Seule dans mon lit, à la lueur d'une lampe de chevet, j'ai lu le dernier né de Paul Auster. Déçue par le précédent, j'y suis allée méfiante, mais l'incipit m'a rassurée et de suite accrochée dans son style si enveloppant... August Brill, critique littéraire à la retraite et depuis peu handicapé à cause d'un accident, partage le logis de sa fille et de sa petite fille, toute deux en souffrance. La vie n'a pas épargné ces trois là. "Seul dans le noir" est l'histoire d'une insomnie, une de plus durant laquelle August se fabrique des fictions qui se mêlent à des souvenirs.
Tout au long de ma lecture, j'ai été partagée. Cette famille d'intélos qui culpabilisent tous en coeur m'a laissée tiède. Pourtant, j'ai retrouvé avec bonheur cette écriture foisonnante de créativité (et les questionnements qui la poursuivent) après la rude épreuve du Scriptorium. Pour faire court, je dirais que j'ai été sensible à ce choix concret de parler des guerres, j'ai apprécié aussi le récit uchronique qu'August s'invente pour combler le vide de la nuit, repousser les souvenirs. Par contre, le dialogue avec sa petite fille Katya plombe tout. Trop lisse, trop artificiel, je ne sais pas... Bref, il y a bien meilleur chez Paul Auster, "La nuit de l'oracle" par exemple, magnifique.
Par ici, vous trouverez une critique très juste de Thom avec lequel je suis donc d'accord.
01 juin 2009
J'ai lu Lumière noire
Minette Walters
(Pocket)
Jane Kingsley, fille d'un PDG au passé douteux, tente de se suicider. Souffrant d'amnésie post-traumatique, elle est placée dans une clinique entre les mains d'un médecin zélé, tandis que l'enquête commence autour de ce cas. Simultanément, son fiancé, qui venait de la plaquer à quelques semaines du mariage pour sa meilleure amie, est retrouvé assassiné avec ladite amie... Cerise sur le gâteau, si j'ose dire, l'agression sauvage est la même que celle dont a été victime l'ex-mari de la suicidée, dix ans plus tôt. L'enquête explose alors dans tous les sens. Tordu... Mais très bien ficelé, bien analysé, bien mené. Quelques maladresses côté écriture (ou traduction) mais suspense jusqu'à la fin. J'avais bien un petit doute durant l'histoire concernant la solution, mais franchement, la chute se pose là. Un bon polar !
26 janvier 2009
J'ai lu Dérive sanglante et Casco Bay dans la foulée...
Casco Bay - 2008
William G. Tapply
(Gallmeister)
Stoney Calhoun est pêcheur à la mouche dans le Maine aux États-Unis. Il aime la tranquillité de sa cabane, aux milieu des arbres, avec son chien Ralph, près de la rivière où les truites se pavanent. Il aime Kate, avec laquelle il partage une boutique pour les touristes qui veulent pêcher, ils sont tous les deux guides en mer ou en rivière. Ce pourrait être idyllique... Mais la vie ne l'est pas. Dans Dérive sanglante, il retrouve son meilleur ami gisant dans un trou d'eau. Dans Casco Bay, il est mêlé malgré lui à une enquête concernant un cadavre calciné et un autre qu'il découvre sur sa propre terrasse. Bah oui, pas facile. Surtout que Stoney recommence à zéro s'il on peut dire, puisqu'il a perdu la mémoire après un coup de foudre quelques années plus tôt, c'est un homme sans passé...
Polars efficaces et originaux, mais pas seulement. Le personnage est incroyablement attachant, à la fois bourru et sensible, on aurait presque envie d'aller fabriquer des mouches à Portland avec lui... C'est que William G.Tapply a une très belle plume ! Ses descriptions de la nature du Maine sont délicieuses, le lire est un véritable plaisir.
Et c'est pas Baratin qui va dire le contraire...
09 décembre 2008
J'ai lu La princesse des glaces
La princesse des glaces - Camilla Läckberg
Actes Noirs - 2008
Erica écrit des biographies de femmes écrivains. Elle vit dans la maison de feux ses parents, à Fjälbacka, petite ville portuaire suédoise. Sa découverte d'une amie perdue de vue depuis l'enfance, les poignets tailladés dans sa baignoire, déclenche une enquête à rebondissements, où l'implication d'Erica va aller crescendo...
C'est un bon polar, les personnages sont archi stéréotypés, les situations font parfois sourire, mais dans l'ensemble, le suspense est là. Au début, on fait connaissance avec Erica, sa famille, sa ville, son métier... Puis on se lance avec elle dans l'aventure. Mais en avançant, on constate que cette histoire manque de style, de finesse, de souffle, on s'enfonce dans des clichés qui nuisent fortement au genre abordé. L'enquête se tient plus ou moins. Donc bon polar, mais beaucoup de réserves...
14 octobre 2008
J'ai lu Un lieu incertain
Un lieu incertain - Fred Vargas
Viviane Hamy - 2008
L'histoire commence à Londres, avec une découverte macabre, des pieds coupés dans des chaussures, au cimetière de Highgate, "Higegatte", avec l'accent du commissaire Adamsberg. Notre équipe en reste perplexe. Retour en France avec un massacre insoutenable qui trouve son écho en Autriche, le mystère s'épaissit... Et conduira Adamsberg en Serbie. Je crois bien que c'est ce que j'ai lu de meilleur de cette auteure, je le clame haut et fort. Son drôle de style atteint la virtuosité, ses personnages sont truculents. Oh, bien sûr, pas une once de perfection dans ce récit, on sent mainte fois qu'il vacille, et à la fin, quelques détails clochent. Et bien malgré cela, on marche ! L'équilibre est rétabli par je ne sais quel miracle littéraire, une force de la nature, comme certains des héros complètement improbables et pourtant si humains, des figures qu'on aime à retrouver.
23 septembre 2008
J'ai lu L'homme du Lac
L'homme du Lac - Arnaldur Indridason
Métailié - 2008
Un glissement de terrain et le cadavre du fond du lac Kleifarvatn fait surface sous forme de squelette. Pas facile de l'identifier du coup... Nous voilà plongés une fois de plus dans une enquête qui semble ne jamais avancer, en compagnie de notre équipe islandaise de choc, menée (menée ?) par un Erlendur aux prises avec ses démons habituels. Dans l'art du flash-back, Arnaldur Indridason est passé maître et on reconnaît dans cet opus la patte de La femme en vert, son meilleur d'après moi. L'écriture est toujours aussi froide et taillée à la hache, les personnages passionnants, les tranches de vie des enquêteurs aussi. On évolue avec Erlendur, obsédé par les disparitions, au rythme de son quotidien déchiré, dans une Islande surprenante. Et puis, parallèlement, on fait un tour en RDA, et oui... Peut-être un peu de "déjà vu" question style, pour les fans de l'auteur, mais on adore, c'est comme ça !
28 avril 2008
Thom, le voici le voilà mon crossover...
Owen Noone & Marauder - Douglas Cowie
Christian Bourgois 2005
Deux gars se rencontrent par hasard. L’un d’eux est Owen Noone, jeune homme plein de charme de détermination et de spontanéité, l’autre est un étudiant plutôt intello et timide, avec un grand manque de confiance en lui. Ensemble ils vont former un duo punk (ni l’un ni l’autre ne sait jouer de guitare ni chanter au départ) qui va traverser les États-Unis, de bars en bars, puis de concerts en concerts…
Owen Noone & Marauder, c’est Aventure et Rock’n Roll, le quotidien d’un groupe qui ne repose pas sur le talent de chacun, seulement sur la volonté d’avancer, de progresser à deux, de brûler l’énergie. Le personnage d’Owen Noone fait penser à Curt Cobain, au début, il chante faux, puis sa voix plaît… Le duo va en croiser du monde, des mondes très différents, comme ils le sont tout deux à l’origine.
C’est un premier roman réussi, une fiction parfaitement rock, bien écrite, qui laisse un très bon souvenir de lecture. Bonheur.
Tous les Crossover littérature/musique et vice versa, sur le Golb de Thom, l'instigateur, par ici.
21 octobre 2007
J'ai lu Passage du désir
Passage du désir – Dominique Sylvain
Viviane Hamy 2004
Le titre m’enchantait carrément… L’histoire aussi, le meurtre de la belle Vanessa, jeune femme apparemment victime d’un serial killer vu la mise en scène. Et puis le duo d’enquêtrices, voisines du drame, une ex-flic et une masseuse d’outre atlantique, la tête et les jambes, la fatiguée et l’énergique. Et enfin le décor, Paris 10ème, ses habitants hétéroclites.
J’ai eu du mal à démarrer mais j’ai tenu bon, parce que le tout est assez pittoresque et que certains rebondissements vous retiennent. Mais globalement, Passage du désir ne m’a pas passionnée, à cause du style peut-être, qui fait ressortir toutes les improbabilités, les conclusions trop rapides, le côté série télévisée du vendredi soir… Ceci dit, ça ferait un très bon 52 minutes.
Valdebaz a lu Manta corridor du même auteur, mêmes impressions.







